Les peuples isolés ont souvent un rapport fusionnel à leur territoire. Cette terre matricielle renferme leur histoire, accueille leurs gestes quotidiens, et est empreinte d’un certain mysticisme face auquel nous, occidentaux, sommes assez sceptiques. La terre est personnifiée, elle accompagne chaque individu tout au long de sa vie comme un membre de sa famille.

Ce constat est toutefois nuancé par le nombre croissant d’indigènes qui délaissent leurs terres. Les jeunes, notamment, ressentent de plus en plus le poids de leur communauté, et ont tendance à partir pour s’installer dans les villes. Il faut dire que la vie n’y est pas aussi tranquille que ce que l’on peut imaginer: la dureté du travail, le poids des traditions et le manque d’avenir affectent bien souvent ces jeunes. Ils voient ainsi le monde occidental et ses codes comme une échappatoire à des carcans trop lourds.

L’autre problème inhérent à la question de la terre est l’expropriation. Certains des territoires que nous allons visiter sont convoités pour leurs ressources ou leur position géographique, et leurs habitants se voient retirer leurs terres et déplacés. La folie productiviste et le commerce aveugle ne tient pas compte des particularités, au détriment de ces populations millénaires. Notre but est de sensibiliser les jeunes à ce problème bien trop souvent mis sous silence.