EMISSION – A la recherche des langues en danger, France Inter (2014)

Capture d’écran 2015-12-14 à 15.30.59

 

http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=948348

Voici le lien d’une passionnante émission, passée sur France Inter dans Le temps d’un bivouac, en août 2014. Elle fait état de l’urgence dans laquelle se trouvent certaines langues, sans toutefois tomber dans un l’alarmisme.

!!!! ATTENTION, pour les non-avertis, le début tombe quelque peu dans l’écueil du jargon universitaro-intello mais l’émission se clarifie au fil des minutes.
Avec passion, Alexandre François, linguiste spécialiste des langues mélanésiennes (notamment du Vanuatu) témoigne de son émotion lorsqu’il a appris qu’il existait dans le sud de l’Afrique, un phonème qu’il ne connaissait pas. Il se définit volontiers comme un « explorateur des langues ». Au Vanuatu, il étudie une consonne qui est très rare (une sorte de « R »), qu’il essaie de prononcer à 34’09 », un moment de grâce qui se rapproche à bien des égards au moment « GUY » de RRrrrrRRrrr.

 

Evangelia Adamo, également linguiste, raconte comment elle lutte contre le processus de disparition des langues. Selon l’UNESCO, d’ici à la fin du siècle, plus de la moitié des langues qui existent aujourd’hui auront disparu (soit 3 000 langues). Elle travaille notamment au Mexique, sur la langue Iscathèque qui n’est plus parlée que par quatre (!) personnes dont deux âgées. Elle a enregistré des heures de conversation pour retranscrire une grammaire et un dictionnaire iscathèque, qui jusqu’alors n’était transmise que par oral, afin que la langue ne meure pas avec ses derniers locuteurs.

 

      En complément, cette vidéo associée à l’émission explique simplement l’importance de la préservation des langues. Le chroniqueur reprend, entres autres, la thèse de la linguiste Colette Grinevald qui insiste sur le caractère inédit de la disparition des langues aujourd’hui : si autrefois une langue ne disparaissait que lorsqu’un peuple disparaissait physiquement (guerres, épidémies, manque de fécondité), aujourd’hui, les locuteurs abandonnent inconsciemment leur langue pour une langue dominante.

 

A la fin de la vidéo, il cite directement la jolie phrase de Colette Grinevald qui rappelle le caractère crucial de la pluralité des langues pour notre humanité : « Parlons plusieurs langues pour ne jamais parler d’une seule voix. » 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s